Dans une vallée oubliée, nichée au cœur des montagnes, vivait un village où personne ne savait mentir. Chaque fois qu’un de ses habitants mentait, une marque noire apparaissait sur sa peau. Au début, ce n’était qu’une petite tache. Mais plus ils mentaient…

Parce que les hommes mentent plus facilement qu’ils n’aiment.
Elle tendit alors un miroir noir à Lina.
— Regarde.
Quand Lina observa son reflet… son cœur se glaça.
Son corps entier était couvert de marques noires.
Des centaines.
Des milliers.
Elle lâcha le miroir.
— Ce n’est pas possible !
— Oh si, répondit la vieille femme calmement.
Tu mens depuis toujours.
— Je n’ai jamais menti !
— Tu mens aux autres quand tu souris.
La vieille femme se leva lentement.
— Tu mens quand tu prétends ne pas avoir peur.
Un pas.
— Tu mens quand tu dis que la solitude ne te fait pas souffrir.
Encore un pas.
— Et surtout… tu mens quand tu prétends ne pas détester ce village.
Lina sentit ses jambes trembler.
Parce que chaque mot était vrai.
Les larmes montèrent dans ses yeux.
— Alors… pourquoi les autres ne voient-ils rien ?
La vieille femme approcha sa main du miroir.
— Parce que la pire forme de mensonge est celle qu’on raconte à soi-même.
Le feu s’éteignit soudain.
La maison plongea dans l’obscurité.
Puis la vieille femme murmura :
— Tu as maintenant le choix.
Le miroir commença à briller.
— Dire enfin toute la vérité… ou continuer à vivre comme eux.
Lina regarda son reflet.
Ses marques semblaient bouger comme de l’encre vivante.
Elle pensa à sa mère.
À ses voisins.
À tous ces gens qui souriaient malgré leurs douleurs cachées.
Puis elle comprit quelque chose.
Les mensonges n’étaient pas seulement des fautes.
Parfois… ils étaient des armures.
Le lendemain matin, Lina retourna au village.
Les habitants la regardèrent passer.
Comme d’habitude.
Mais cette fois, elle monta sur la vieille fontaine centrale et déclara :\n\n— J’ai peur tous les jours.
Le silence.

Pour continuer à lire, cliquez sur ( Suivante 》) ci-dessous !