Il ne faut jamais juger un livre à sa couverture : elle a épousé un homme sans valeur sans connaître sa véritable identité ; le destin de la pauvre fille fut heureux.

Chaque matin avant l’aube, Aatou se levait. Elle balayait la cour, préparait le petit- déjeuner, lavait le linge, nettoyait la maison immense qui semblait trop grande pour tant de méchanceté. Fatima et Mariama, les deux cousines plus âgées, sortaient en talon haut, riu qu’à Isatou restait pied nu sur le carrelage froid.

Toujours lente toi lança tantou en claquant des doigts. Tu crois que j’ai toute la journée après le thé tu balis dehors. Fatima et Mariama rentrent aujourd’hui. Je ne veux pas de poussière. Aatou hochait la tête sans répondre. Elle avait appris que le silence protégeit mieux que les mots. Fatima entrait souvent dans la cuisine arrogante.

Tu es encore là ? Maman t’a dit de sortir. Tu devrais être reconnaissante qu’on te garde. Si c’était moi, tu serais déjà dans la rue. Mariama ajoutait son rire cruel. Laisse-la Fatima, elle aime jouer les bonnes. Les deux sœurs s’esclafaient. Aatou serrait la tasse si fort que ses jointures blanchissaient. Des larmes montaient mais elle les retenait.

Pleurait devant elle empirait tout. Oncle Moussa, lui parlait rarement. Il s’enfermait dans son bureau ou partait au travail tôt. Quand il croisait à Isatou, il détournait les yeux comme écrasé par une vieille culpabilité. Un soir, alors qu’elle lavait la vaisselle, il était entré. “Aatou”, avait-il murmuré.

Elle avait levé la tête surprise. “Oui, oncle.” Il avait hésité, ouvert la bouche puis s’était ravisé. “Rien. verrouille bien les portes ce soir et il était parti la laissant perplexe. Les mois passaient identiques. Aatou économisait quelques pièces pour prendre le bus jusqu’au cimetière de Daido. Là, près des tombes de ses parents, elle s’asseyait et parlait doucement.

Maman, papa, j’essaie d’être forte comme vous me l’avez appris, mais parfois c’est trop dur. J’ai l’impression de n’avoir nulle part où aller. Elle ignorait que ce jour approchait bien plus vite qu’elle ne l’imaginait. Un jour ordinaire, un mendiant boiteteux vêt de haillon sale s’approcha de la maison à Deido. Il frappa faiblement, demandant un peu d’eau et quelque chose à manger.

Tante Fatou sortit sur le seuil, le visage tordu de dégoût. “Dégage d’ici, sale clochard, on a rien pour toi !” cria-t-elle avant de claquer la porte. Fatima apparut à la fenêtre et riant, lui lança un saut d’eau sale qui l’éclaboussa de la tête au pied. Mariama ajouta son rire cruel. va mandier ailleurs, on n’est pas une association.

Le mendiant resta un instant, tête baissée, trempée. Puis a Isatou, qui lavait la vaisselle dans la cuisine entendit le bruit. Elle jeta un regard discret par la fenêtre. Vit l’homme seul sous le soleil brûlant. Sans hésiter, elle prit un morceau de pain du panier et un verre d’eau fraîche. Elle sortit par la petite porte de service, s’approcha timidement et lui tendit le tout.

“Que Dieu te protège”, murmura-t-elle. Bois et mange, ça te fera du bien. Leur regard se croisèrent. Il sourit, un sourire sincère et doux que personne dans cette maison ne lui avait jamais offert. Merci ma fille. Ta bonté est rare. Ce simple échange la troubla profondément. Personne ne la remerciait jamais. Elle rentra vite avant que tante Fatou ne la voit.

Ce qu’elle ignorait encore, c’était que ce mendiant n’était pas un inconnu. Cette rencontre allait changer sa vie à jamais. Quelques jours plus tard, un samedi matin, une voiture noire élégante et brillante se gara devant la maison. Le chauffeur ouvrit la portière. Un homme grand, bien habillé, descendit avec assurance.

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Tante Fatou bondit du canapé en l’apercevant. Fatima, Mariama, venez vite. Un visiteur riche. Les filles à coururent, ravies, déjà en train de lisser leur robe. Tante Fatou ouvrit la porte, sourire éclatant comme jamais. “Bienvenue, monsieur, entrez donc !” L’homme demanda calmement. Je cherche une famille qui habite dans ce quartier. On m’a donné cette adresse.

Installez-vous. Voulez-vous de l’eau fraîche ? Tante Fatou se tourna vers Aatou, toujours caché dans la cuisine. Apporte de l’eau fraîche à notre invité. Aatou s’exécuta. Quand elle tendit le verre, leur regard se croisèrent à nouveau. Il sourit, le même sourire sincère que le mendiant. Merci. Son cœur s’accéléra, ce visage, cette voix, mais elle n’osa pas y penser.

Fatima et Mariama entrèrent apprêté comme pour un mariage. Voici mes deux filles, Fatima et Mariama, Minoda, tante Fatou. L’homme les observa à peine. Je vois. Puis il lâcha d’une voix grave. En réalité, je cherche une jeune fille qui vit ici. On m’a dit qu’elle s’appelle Aatou. Le silence tomba comme une lame.

Le sourire de tante Fatou se figea. Aïatou, vous parlez de l’apparente que nous aidons. Ce n’est personne d’important. Mais l’homme insista. J’aimerais lui parler. Aatou avança timidement. Je suis là, monsieur. Il s’adoucit instantanément. Aatou, j’ai entendu parler de toi. J’aimerais discuter seul à seul si tu es d’accord.

Tante Fatou serra les mâchoires. Tout ce que vous avez à dire, dites-le ici. Elle est sous ma responsabilité. L’homme se leva. Visage durcit. Très bienatou, je suis venu te demander ta main en mariage. La pièce explosa en cri. Murmure, stupeur. Fatima resta bouche ouverte. Mariama blémie. Tante Fatou devint cramoisie.

Un mariage, monsieur, c’est une erreur. Regardez-la. Elle n’a même pas de vrais vêtements. L’homme lança un regard glacial. Je sais exactement qui elle est. Ma décision est prise. Aatou restait figé. Pourquoi un homme comme lui voudrait d’elle ? Ça n’avait aucun sens. Tante Fatou força un sourire sombre. Si vous voulez vraiment à Isatou, nous pouvons arranger cela, mais il nous faut du temps pour préparer.

Je reviendrai dans une semaine. Dès son départ, Tante Fatou se tourna vers Aatou. Tu te crois spécial maintenant ? Ne t’habitue pas. Tout peut mal tourner très vite. Fatima cracha. Comment un homme riche peut vouloir quelqu’un comme toi ? Il doit être fou. Cette nuit-là, Aatou ne dormit pas. Qui était-il ? Pourquoi elle ? Dans la pièce voisine, Tante Fatou et ses filles complotaient. C’est louche.

Laissons faire. Si c’est un escroc, c’est elle qui souffrira, pas nous. Le lendemain, tante Fatou annonça d’une voix sucrée. Nous acceptons sa proposition. Tu te marieras la semaine prochaine. Aatou Balbussi. Mais je ne le connais pas. Ça n’a pas d’importance. Une fille comme toi n’a pas beaucoup d’opportunités. Ne sois pas stupide.

La peur envahit à Isatou. Protester ne servait à rien. Les jours suivants furent étranges. L’homme n’apparit plus. Envoyant juste des messages par chauffeur. Tante Fatou semblait pressé de s’en débarrasser. Pas de vraie robe, pas de fête, juste une robe blanche usée, déchirée. Le matin du mariage, Aï Satou s’vegarda dans le miroir fendu, épuisé.

Seigneur, fais que ce soit une bonne chose. J’ai assez souffert. La cérémonie fut misérable. Petite chapelle poussiéreuse, pasteurs pressés, témoins indifférents. L’homme portait des vêtements trop grands. Capuchon boîit légèrement. Aatou tremblait. “Aceptez-vous cet homme comme époux ?” “Oui, murmura-t-elle. Il chuchota, n’ai pas peur.

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