Le Prix de l’Ombre : Il a tout obtenu grâce à elle, et c’est elle qu’ils ont exigée en retour

Et quand la porte se referma derrière elle, le silence revint, plus dense, plus lourd. Quelques jours après le passage de Guiseline, assis à même le sol, les mains de Darel tremblaient. Il ouvrit la petite boîte que lui avait remis la femme, prit le petit papier. Lentement, comme si chaque lettre arrachait un morceau de sa gorge, il écrivit son prénom : “Celui qu’il connaissait par cœur, celui qu’il ne pourrait plus jamais prononcer, celui de sa petite amie.

Giseline Une fois fini, il le déposa dans la boîte et la referma. Quelques minutes après, la boîte prit feu. Darel se mit à pleurer. Le lendemain matin, il reçut une notification. Virement reçu. Il se mit à pleurer si seulement il savait. 3 jours plus tard, il apprit que sa petite amie avait été retrouvée mort dans sa salle de bain. Officiellement crise cardiaque.

Une nuit, en pleine insomnie, il décida de retourner à l’endroit du rituel, là où tout avait commencé. Mais la maison de Lissou était introuvable. À sa place, un terrain vague envahit de mauvaises herbes. Il comprit alors le pacte n’était pas un événement, c’était une graine. Une graine plantée en lui qui poussait lentement, méthodiquement et qui allait tôt ou tard réclamer l’espace entier.

Une année passa, alors qu’il était seul dans son salon, une odeur connue envahit la pièce. L’argile, le souffre, la lumière vacilla, puis l’ombre se forma. Oncle Lissou, debout sans avoir ouvert la porte. “Le moment est venu”, dit-il calmement. “Tu dois donner un autre nom et cette fois, tu n’as pas le choix.

Tu dois donner ta sœur.” Il lui remit un petit carnet puis il disparut. La nuit suivante, il rêva d’une maison, pas n’importe laquelle, celle de son enfance. Darel assis face à lui-même, mais son visage était sombre comme envahi par les ténèbres, plus terrible. L’autre Darel souriait, les lèvres pleines de sang.

“Tu t’es bien vendu”, murmura-t-il. “Tu n’as pas menti, tu es allé jusqu’au bout.” Il voulut crier, se réveiller, mais son corps refusait de bouger. Et l’autre continua : “Maintenant, regarde-moi bien. C’est moi que tu deviens.” L’image explosa. Il se réveilla en suffoquant. Au lev du jour, il alla chez un marabou et à la fin, ce dernier dit simplement : “Tu as mangé ! Maintenant, le ventre réclame.

Que puis je faire ?” Le vieil homme le fixa grave. Rien, juste payé. Comment ? Par le nom ou par le sang ? Et s’il n’y a plus de nom à donner, le silence du marabou fut plus dur que la réponse. Alors, c’est toi. Ce soir-là, Darel rentra. Il s’assit au sol dans le noir et il entendit un battement. Il resta là longtemps immobile, les yeux ouverts dans l’ombre comme s’il attendait un signe, une réponse, un miracle, mais rien ne vint, seulement ce silence et le souvenir de sa sœur, celle qu’il avait lavé, portée, nourri, relevée, celle

qu’il aurait dû protéger coûte que coûte, elle qui avait donné toute sa lumière pour qu’il tienne debout dans un monde tordu. Il ne pouvait pas faire cela. Pas à elle, elle avait déjà tout donné. Elle portait encore les cicatrices de ses sacrifices. Il se leva, il prit la plume, il ouvrit le carnet et sur la première page, il écrivit son propre nom une seule fois.

Lentement, les lettres tremblèrent, puis saignèrent et le carnet se referma et disparut dans une fumée noire. Deux jours plus tard, sa sœur, essayant de le joindre en vain, décida de passer le voir chez lui. Elle retrouva son corps assis et dans sa main fermée un bout de papier. Dessus, écrit en lettre minuscule, ce qu’on donne revient toujours en double.

La feuille brûla entre ses doigts. Dès qu’elle l’a lut, elle la jeta rapidement. Elle ne comprit rien, mais sentit que quelque chose avait été pris à jamais. Une chaleur étrange parcourut sa poitrine. Une larme coula. sans qu’elle sache pourquoi. Il existe des raccourcis qui coûtent plus cher que 1000 épreuves.

Chaque faveur acceptée sans question, chaque richesse venu sans lumière appelle un prix et ce prix un jour ou l’autre revient à la porte. Même si tu fermes les yeux, même si tu oublies, car le ventre des ténèbres ne connaît pas l’oubli. Il n’efface pas, il attend.

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