“Enduisez vos corps avec ça.” Ils s’exécutèrent les mains tremblantes. “Écoutez bien”, murmura oncle Lissou en ouvrant le portail de la villa. “Vous devez marcher jusqu’au croisement puis revenir. Trois fois, personne ne doit vous voir. Pas un cri, pas un regard, sinon le pacte se renverse.” Il marqua une pause.
“Et si un chien vous suit ? Ne courez pas. Continuez.” Même s’il grogne. Darel avala sa salive. Kassim marchait vite, tendu, les bras crispés. Darel lui traînait. Ils atteignirent le croisement. Darel tourna lentement la tête. Rien, pas un passant, pas une voiture. Ils revinrent une fois, puis une deuxième. À la troisième, une voiture apparut soudain au bout de la rue.
Les phares jaillirent comme deux yeux de feu. “Cache-toi !” souffla Cassim. Les deux garçons plongèrent derrière une aide et séchée. Le véhicule s’éloigna lentement puis disparut. Ils ressortirent, leur corps griffé par les branches recouvert de terre. “Allez”, murmura Darel. Finissons. Dernier pas, dernier virage. La villa réapparut devant eux, mais le portail était grand ouvert et dans l’ouverture, debout immobile, trois formes noires les attendaient.
Des chiens massifs, silencieux, trois pitbulles sans laiss sans collier. Leurs yeux brillaient mais aucun ne grognait, aucun ne bougeait. Darel s’arrêta net. Son souffle se coupa. Cassim fit un pas en arrière. Il ils vont nous attaquer balbucia-t-il. Mais rien, pas un mouvement, pas un son. Les chiens les fixaient simplement.
Puis doucement, la voix d’oncle Lissou raisonna depuis l’obscurité. Marchez. Ils obéirent. Chaque pâle les rapprochait d’écros. Darel sentait la chaleur fétide des bêtes, mais il ne branchaient pas. Il restait planté là comme figé par un ordre invisible. Quand ils passèrent le portail, les chiens les laissèrent entrer comme s’ils n’avaient jamais été là.
Dans la cour, oncle Lissou les observa longuement. Bien, les esprits vous ont laissé passer. Il s’approcha, saisit le bras de Kassim, puis celui de Darel et renifla leur peau. La peur est encore là. C’est bon signe. Elle attire ceux qu’on va réveiller. Il leva une main vers le ciel. Allez maintenant, entrez dans la salle du fond.
Ce n’était que le début. Ils entrèrent dans la pièce suivante et la porte se referma derrière eux. Et si les chiens n’étaient pas là pour empêcher l’entrée, mais pour bloquer la sortie, pensael. Kassim s’assit contre le mur, les genoux repliés sous le menton. Il transpirait. Darel, lui, restait debout. La peau toujours collante de l’argile séchée, le souffle court. Il n’osit pas parler.
Puis une porte grinça quelque part derrière eux. Ils se tournèrent d’un même geste. Elle entra. La première chose qui frappa d’Arel fut l’odeur. Un mélange insoutenable de graisses brûlées, de fer rouillé et de crottes. L’air sembla pourrir à son passage. C’était une femme, une folle ou presque folle.
Sa peau était luisante, entièrement badigeonnée d’un liquide noir visqueux. Elle avançait lentement. Cassim se recroquilla. Darel sentit son estomac se contracter. Il n’y avait plus aucun doute. Oncle Lissou apparut. Elle est celle par qui le saut s’ouvre. Il s’approcha d’eux et siffla entre ses dents. Il faut l’honorer entièrement.
Trois nuits, pas une de moins. On On ne peut pas, murmura Kassim. Le vieil homme le gifla brutalement. Si tu refuses, c’est toi qu’on déshabille devant les chiens. Puis s’adressant à Darelle d’une voix plus basse : “L’argile ne suffit pas, mon fils. C’est son corps à elle qui vous lave.” Darelle était figée.
Onleou recula sans bruit. “Commencez !” Cassim, en sanglot silencieux, rampa vers elle. Il ferma les yeux. Darel détourna le regard, le cœur au bord de l’éclatement. La seconde nuit, elle revint. Même huile, même odeur puante, même rituel. Ce serait ainsi pendant trois nuits. Et chaque matin, il n’était pas mort, mais il n’était plus vivant.
Darel n’avait plus de repère. La deuxième nuit, après le rituel, Darel entendit un bruit d’éclat de voix, une dispute. Kassim et Lissou. Il tendit l’oreille. Tu m’avais promis que ce ne serait pas comme ça ! Criait Kassim, pas de ça. Je ne veux plus faire cet acte avec cette femme. Le vieil homme ne cria pas. Sa voix était calme, tranchante.
Tu crois que tu as encore le choix ? Tu crois qu’on t’a gardé ici pour ton confort ? Tu sortiras d’ici en marchant où on te portera. La troisième nuit passa et le rituel fut effectué. Le lendemain, le jour du départ, Kassim était assis dans le coin, calme, le regard vide. Il ne dit pas un mot. Darel tenta de lui parler, rien.
Comme s’il n’était plus qu’un corps vide, comme si son âme était partie. Il n’a jamais quitté la villa. Le jour J. Avant de partir, oncle Lissou lui dit ceci : “Ouvre un compte neuf dans une banque où ton nom n’a jamais existé et fais exactement ce qu’on t’a dit. Quand tu trouveras ce qu’il faut sous ton oreiller, va dehors, jette-le et surtout ne regarde jamais derrière toi.
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